Extrait
L'oxygène dans tous ses états
Jean Coudert
Je me présente: on m’appelle Oxygène (symbole O) avec un i Grec. Du Grec oxys (acide), gennaô (engendrer): en effet, comme j’aurai l’occasion de l’évoquer, je suis à l’origine d’un certain nombre d’acides (exemple: l’Acide Sulfurique, H2SO4). Mon Numéro Atomique qui figure sur ma carte d’identité, est: 8 (8O).
Un de mes privilèges a été de m’associer avec une molécule d’Hydrogène (H2) pour former de l’eau (H2O): grâce à elle, je suis présent sur l’ensemble de la planète Terre et, de ce fait, je représente plus de 80% de la masse des océans (87%). Dans l’air atmosphérique, sous ma forme diatomique gazeuse, le dioxygène (O2), je partage cet espace avec le gaz Azote (N2): j’occupe 21% environ de ce volume atmosphérique terrestre et le reste est essentiellement occupé par l’Azote (soit 79%, environ).
L’Azote, comme son nom l’indique, serait impropre à la vie. Ce n’est pas le cas pour moi. Comme j’aurai souvent l’occasion de le préciser, je suis indispensable au cycle de la vie, soit sous la forme associée à l’eau (H2O) qui représente entre 60 à 70% de la masse du corps humain ou sous forme de gaz (O2) où j’interviens chez les végétaux, d’une part, (cas de la photosynthèse) et des animaux, d’autre part, qui m’utilisent pour leur respiration. Finalement, on m’a fait savoir que, compte tenu de ma présence, également signalée dans la croûte terrestre (par exemple, sous forme d’oxydes et de silicates), je représenterai presque la moitié de la masse terrestre!!
Comme toute matière pensante, je me suis posé le problème de mes origines: J’envisagerai surtout mes origines terrestres. Bien entendu, je n’oublie pas les membres de ma famille occupant d’autres planètes (Vénus, Mars, Saturne…).
Si je considère mes origines au sein de l’atmosphère terrestre, c’est l’apparition de la vie qui a permis ma naissance et soutenu mon développement: La photosynthèse (synthèse à partir de la lumière) qui utilise l’énergie solaire pour fabriquer de la matière organique, a exploité une propriété des cyanobactéries (algues bleues) qui, depuis environ 3,8 milliards d’années, me libère sous forme gazeuse (O2) tout en fixant une molécule à laquelle je suis étroitement lié, le dioxyde de carbone (CO2). Elle constitue actuellement avec les algues, le plancton des mers et océans et toutes les plantes vertes (forêts en particulier) un remarquable et efficace puits à carbone et une stimulation de ma présence dans l’air atmosphérique.
Je sais que cette accumulation du CO2, produit d’une manière excessive par l’espèce humaine est à l’origine d’une de vos préoccupations actuelles: le réchauffement climatique. En effet, l’accumulation de ce gaz du fait de son effet de serre (captation de la chaleur solaire) est capable, à plus ou moins long terme de perturber et menacer les conditions de vie sur terre. J’essaie bien, avec mon collègue, l’Ozone (trioxygène, O3) de limiter les dégâts: ce gaz, en s’accumulant dans les hautes couches de l’atmosphère filtre ces radiations solaires et, en particulier, celles que l’on appelle Ultraviolet, responsables du réchauffement climatique et limiterait donc ce phénomène.
A ce sujet, je me pose la question suivante: ma présence dans l’air atmosphérique, à une concentration constante (21% environ) pourrait être menacée par mon niveau de libération par la photosynthèse et la consommation de ma molécule par les êtres vivants qui m’utilisent pour produire l’énergie dont ils ont besoin (j’aborderai ce sujet ultérieurement). Je sais qu’à une époque lointaine cette équilibre se manifestait en ma faveur: production liée à la photosynthèse supérieure à la consommation (respiration) des êtres qui peuplaient la terre. Il y a quelques dizaines de millions d’années, j’aurai atteint la concentration de 23% dans l’air atmosphérique. On m’a même indiqué que si j’atteignais la valeur de 28 à 30%, je risquerais d’embraser les forêts! Mais actuellement, le problème est plutôt opposé: baisse de ma présence par insuffisance de production (risque que pourrait présenter la déforestation qui s’aggrave actuellement de jour en jour) et excès de consommation, liée à l’augmentation des besoins des êtres vivants.
L'oxygène dans tous ses états - 2010 - Publibook