Extrait
Marrakech, le berceau de Saïda
Nicole Gouleret
Saïda observe la cour intérieure de l’hôtel, depuis la coursive qui dessert les chambres au troisième étage. Quel étonnement: les arbres et autres plantes montent jusque là, voire plus. En bas, une fontaine décorée de mosaïque laisse entendre le ruissellement des jets d’eau. Un vrai paradis. Saïda lève les yeux, souriante, à ce beau ciel bleu. Elle descend au rez-de-chaussée pour admirer les plantes épanouies autour du bassin. Cette cour à ciel ouvert s’appelle «Riad». L’ambiance y est tempérée toute l’année. Les bâtiments qui l’entourent protègent des variations climatiques entre l’été très chaud, l’hiver ‘frais’ pour les marocains (le thermomètre ne descend jamais en dessous de huit degrés), le vent souvent violent chargé de sable du désert tout proche. Saïda poursuit la visite. Le voyagiste n’avait pas menti. Très bien cet hôtel cinq étoiles. Décor de rêve que celui de la piscine enjambée par un amour de passerelle toute carrelée d’azulejos. Le soir, des guirlandes électriques clignotent de mille feux donnant un air de fête. Les lampadaires dont les globes roses ou bleus colorent les lieux de tons pastel. Une légère brise balance les longues palmes des arbres. L’atmosphère propice au repos, à la réflexion, à la rêverie. La pelouse d’une épaisseur, d’une densité incomparable n’a rien à envier aux greens anglais... bien entretenue, elle invite à faire quelques pas, pieds nus, sur son tapis d’un vert incroyable... Saïda dîne lentement. Elle profite de tout son être de la nourriture gourmande, du vin rosé frais juste comme il faut. L’alcool, a sur elle, un effet désinhibant. Elle reste à table longtemps. Elle a drapé ses épaules d’une étole en mousseline. Son esprit vagabonde, c’est une âme sensible, sensuelle qui apprécie l’étrange ambiance de ce moment comme suspendu dans le temps... Qu’il est doux de pouvoir vivre de tels plaisirs. Profiter pleinement, soupirer de contentement devant un grand verre de thé à la menthe brûlant et très sucré. Elle a regardé, sans attention, le cérémonial de service du thé accompagné de petits fours... La fraîcheur nocturne arrive. Saïda se retire dans ses appartements.
Marrakech, le berceau de Saïda - Nicole Gouleret