Extrait
Un soir de décembre
Claude Gil Morince
Ce lundi vingt-quatre décembre, soir des réveillons, il y avait la possibilité de faire un repas commun avec les civils au cantonnement. Tout avait été préparé par les cuistots plus des personnes du village.
Arriva l'heure de la messe, vingt heures, car avec le couvre-feu l'église était pleine. Plus une place de libre, beaucoup de militaires presque tous, sauf les sentinelles. René était au côté de sa dulcinée, avec ses parents bien sûr. Les militaires avaient gardé les armes de mains (pistolets, cela suffisait) le curé et l'aumônier l'avait autorisé.
Au moment de l'Évangile, il y eut une déflagration, un obus de mortier fit tomber la porte de l'édifice religieux. Des tirs d'armes automatiques se firent entendre. Dans le brouhaha, les hurlements des fidèles, les cris, ce fut la débandade à l'extrême.
Les officiers et les soldats sortirent leurs armes. Ils demandèrent du calme et firent mettre la plupart des gens à l'abri derrière les piliers de l'autel. Un officier présent au font de l’église eut le réflexe de faire coucher ceux qui se trouvaient devant la porte.
Les tirs par saccades empêchaient la sortie. Le capitaine et le lieutenant cherchaient une issue de secours, mais en vain. Dans la sacristie se trouvait une porte, plusieurs voulurent la franchir. Mais sitôt ouverte des tirs de mortier et de mitrailleuses interrompaient le franchissement.
Dans le lointain, les fidèles entendirent le bruit des chars. Ils avaient réussi à se mettre en œuvre. Il y avait déjà plus de deux heures que l'attaque avait eu lieu.
Il fallut attendre la fin du cauchemar. Le prêtre disait des prières, tandis que les officiers dissuadaient les personnes de sortir. Sandrine s'était blottie dans les bras de René. Ce dernier ne put rester bien longtemps auprès de celle qu'il voulait protéger. En effet tous les militaires faisaient paravent, ceci pour protéger les civils. Les quelques PA qu'ils possédaient ne pouvaient pas grand-chose contre des armes automatiques. Les lumières avaient été supprimées. Dehors, des rafales de mitrailleuses. Les personnes prisonnières entendirent quelques tirs de pièces lourdes...
Un soir de décembre 2013 - Éd. Ecritorium